Un drame agite en ce moment la nursosphère alors comme je suis pour ma part passablement véner en ce moment et que j’ai la pèche pour répondre j’en profite pour m’y jeter …

Mais avant un rappel des faits s’impose:
1- Une MSP c’est quoi?
C’est une « Mise en Situation Professionnelle » et ça se rencontre durant les études infirmière. De mon temps (promo 1999) (pas de commentaires), chaque année , deux fois dans l’année, une de nos enseignantes débarquait en plein stage, nous cassait les couilles suivait (au sens propre, elle était collée à notre cul) pendant 2 heures puis elle évaluait les soins et nous mettait une note. En général la surveillante cadre du service suivait et participait à la note. Si vous n’aviez pas 10 de moyenne vous redoubliez votre année (ou vous étiez viré, suivant qu’on vous aimait ou pas à l’ifsi)
Enfin, pendant le dernier stage de la formation, avait lieu la MSP du diplôme, où là, une surveillante, sortie de nulle part (mais vraiment nulle part puisqu’elle était en général d’un autre département) , vous collait au train pendant 4 heures (4 heures!!!!!!!) avec la menace d’arrêter à tout moment la matinée en cas de « faute d’asepsie » et de jeter à la poubelle toute votre formation comme ça d’un coup, clac. Vous vous rappelez du stress de passer le permis? Et bien là ça durait 4 heures et se jouait alors toute votre formation de 3 ans et demi sur les humeurs d’une seule personne. Ambiance.
Pour information et pour bien comprendre tout l’intérêt de la chose, il faut savoir que les enseignantes qui vous notaient, ne connaissaient strictement rien au service, ni au pathologies et vous notaient uniquement par rapport à des soins « idéaux » (dits « technique » ) qui sont totalement infaisable dans la vraie vie (par exemple en technique tu dois te laver les mains 3 fois pendant un soin; dans la réalité, il n’y a pas de point d’eau dans la chambre).
Pour information bis les jours de msp, tout le service était au courant et surtout le patient qu’on avait prévenu (et qui nous soutenait en général…) et qui donc, ce jour-là, allait toujours bien et chantait nos louanges pendant le soin… bref c’était du grand guignol.
2- Quel est le débat?
Le débat actuel c’est que depuis qu’ils sont LMD, les études infirmières ont changées et il n’y a plus de msp ; pare contre ils ont des stages plus longs (parfois plus de 10 semaines). L’évaluation est donc faite par l’équipe.
Enfer et damnations, les « vieilles » infirmières hurlent donc à l’agonie, à la négation de la formation, au « c’est plus comme avant » , au « les élèves ne savent plus rien faire » , « à l’aide, à l’assassin on nous ment, on nous spolie » et les étudiants dans la foulée s’en prennent plein la gueule dans tous les forums (feignasses, gourdasse, etc…) parce que insulter les étudiants et dire « qu’ils ne seront jamais de bon professionnels » il faut le savoir, de tous temps ça a toujours un des plaisirs cachés de l’infirmière… J’y ai eu droit, tout le monde y a eu droit, tout le monde en son temps à trouvé ça très con mais qu’importe, tout le monde continue… bref.
3- Mon avis à moi que j’ai.
Désolé pour les vieilles mais j’ai toujours trouvé que les msp étaient une connerie profonde. En clair on demandait a des étudiants en 4 semaines de savoir faire les soins d’un service « en technique » (alors que personne ne les fait comme ça) alors que à l’usage, même après le DE, pour être vraiment à l’aise dans un service, en général il faut au moins 6 mois… Alors, à quoi ces évaluations sur un soin qui n’existe pas, fait dans des conditions totalement absurdes et surtout sans autre référence que le bon vouloir de celle qui notait, rimaient-elles?
Ainsi, le fait que les élevés soient évalués sur toute la durée de la stage me semble donc infiniment plus juste… Parce que, il ne faut pas déconner non plus, en 4 semaines minimum, si tu es un peu honnête, tu as quand même largement le temps de voir si ton élève est dangereux et motivé… ou pas. Et si tu penses que ce n’est pas possible pendant ce temps-là, comment veux-tu alors que ça le soit en 2 heures par une inconnue qui débarque de nulle part et reste deux heures dans le service?
Soit mais pourquoi alors un tel débat me direz-vous?
Et bien la vérité cachée que tout le monde connait mais que tout le monde fait comme si qu’on la voyait pas et qu’on tournait autour, c’est que les infirmières, en général, tout d’abord détestent et ensuite sont incapables de noter des élèves. Oups, voilà je l’ai dit.
Ça a toujours été comme ça dans les stages: tu arrives, tu es largué dans un coin, tu sers à répondre aux sonnettes, tu te démerdes pour assister à des soins mais dans la majorité des cas personne n’a rien à foutre de ta gueule, surtout quand tu es le 500 ° élève de l’année. Alors avant c’était bien: du moment que t’étais gentil et que tu vidais les bassins et que personne ne t’avait dans le nez pour x ou y raison, on te filait entre 14 et 18, charge aux msp de te saquer ou pas, mais les services ne te saquaient jamais.
Mais maintenant il n’y a plus de notes, il y a des questions précises (merde tu as fait des prises de sang ou pas?) alors evidemment ça gène aux entournures et puis quand l’élève est mauvais ben il faut faire un rapport, il faut expliquer et argumenter alors bon, hola , ça va hein, rendez nous nos msp et qu’on en parle plus!! Et puis en plus, comme en général ils n’ont pas de référents de stage et qu’ils ont suivi une dizaine de pro qui ne se voient jamais, vas-y toi pour faire une évaluation quant tu te retrouves le dernier jour comme un con devant la feuille de l’élève… Alors bref, bis, rendez nous nos msp, saquez vos élèves tranquilles et foutez nous la paix!!!
Pouic, pouic, pouic…
4- La « compétence », cette vaste blague…
Dans ces débats ressort aussi, tout le temps, la bonne blague du « les élevés ne savent rien faire!! » et là je rigole. En général quand tu creuses un peu, celui ou celle qui dit ça, 9 fois sur 10 fait partie d’un service ultra technique (genre réa neuro) et hurle à la mort parce que, quand ils arrivent, les élèves ne savent pas immédiatement se servir de tels ou tels bidule hyper technique et ultra spécifique au service. Prenons un exemple concret : les gazs du sang. Dans la vraie vie très peu d’ide savent le faire… parce que c’est un soin qui ne se fait qu’en réa, et encore même pas dans toutes… N’empêche que si un malheureux élève arrive et dit ne pas savoir les faire, c’est la révolution chez nos copines de réa (que j’embrasse) « on ne leur apprend plus rien, a non vraiment , il faut tout leur dire… ». Pouic, pouic, pouic… La bonne blague de la bonne blague, accessoirement, c’est tout de même qu’il y a en France des milliers de services avec des milliers de détails de fonctionnement qui leur sont propres…Alors c’est sur que les pauvres élèves ne sont pas sortis du sable…
Ainsi, quand on lit les forum infirmier, c’est comme si pas une infirmière n’était capable de faire la part des choses entre ce qui est essentiel pour un élève (le positionnement, le raisonnement, l’envie, la curiosité, la réflexion par exemple) et l’accessoire (notamment des gestes techniques précis… qui s’apprennent toujours quand on en a besoin).
L’absurdité totale , ceci dit, est que dans les critères d’évaluation des élèves, un nombre précis de gestes techniques sont notés précisement (alors qu’avant ils ne l’étaient pas). Et on arrive donc à cette confirmation absurde que au cours de sa formation un élève, quelle que soit la réalité de ses terrains de stage, un élève « doit » maitriser des gestes techniques… qu’avec un peu de bol il ne croisera jamais… Ce mode d’évaluation est donc absurde en pratique en plus de l’être en théorie… Un élève infirmier qui sort du diplôme doit maitriser les perfusion et les pompes, vraiment? C’est étrange mais après 10 ans de diplômes je suis sur que 50% de mes amies sont incapables de poser une perfusion du premier coup… Simplement parce qu’elles n’ont pas fait ce soin depuis des années… Et pourtant ce sont de parfaites professionnelles… Et pourtant si il faut un jour qu’elles s’y mettent je suis sur qu’en 3 semaines ce sera fait, comme tout le monde, point barre. Donc non, je suis désolé, au sortir du diplôme un élève n’est pas obligé de maitriser TOUS les gestes techniques ça n’a strictement aucun sens.
5- En conclusion et pourquoi je m’agace
Ce qui m’agace profondément dans ce débat c’est l’incapacité apparente de la profession, à comprendre et à mentaliser ce qui est utile et indispensable pour les futurs professionnels de demain et ce qui ne l’est pas. Plus précisément, ce qui me fait parfois bouffer ma table régulièrement, c’est que chaque infirmier semble évaluer la formation des élèves à l’aune de son propre service (pour les infirmières de réa au bout de trois ans les élèves doivent pouvoir bosser immédiatement en réa; pour les infirmières en cancero, ils doivent pourvoir les remplace immédiatement etc…), or, sincèrement la seule richesse de ce métier est l’étendue de son exercice alors ce genre de réflexion me donnent des envies de meurtre… Là franchement ce n’est plus penser étroit, c’est carrément ne pas penser du tout, voilà, c’est dit. Et comme elles sont incapable de penser le travail infirmier au delà de leur propre service,evidemment évaluer un élève devient une gageure… Alors elles hurlent à la mort de demande le retour des MSP…Pouic,pouic, pouic…
A l’inverse, par contre, absolument personne n’a réagi lorsque l’épreuve écrite finale a été supprimée… Il y a 10 ans… (oui les jeunes à mon époque on passait la msp + L’épreuve écrite + le mémoire). Moi ça m’a carrément choqué parce que cela veut dire qu’un module qu’on a vu et validé en première année, on peut ensuite totalement s’endormir dessus et ne plus jamais en entendre parler… L’épreuve écrite du DE, même si elle était passablement colossale (réviser TOUS les modules pour une seule preuve écrite) nous obligeait au moins à revoir nos cours régulièrement, à ne pas trop s’endormir, bref à nous tenir nos connaissances à jour pendant les 3 ans… Ce qui me semblait la moindre des choses.
Mais donc enfin, en clair, qu’on puisse être infirmier en ayant vaguement entendu parler de cardio il y a 3 ans sans jamais être revenu dessus ça passe très bien ; mais qu’on ne se tape pas une épreuve absurde ou un connasse vous note à la tête du client ça c’est un drame, vraiment? Qu’on n’évalue pas les connaissances des élèves sur les pathologies et sur le raisonnement clinique ça ne pose pas de problème mais que personne ne les note sur la façon de faire des toilettes hemicorps par hemicorps ça c’est un drame, vraiment??? Mais bon sang mais quelle vision du boulot avez-vous? Sommes nous a ce point des gourdes, juste bonnes à faire des soins tout bien comme il faut et surtout sans réfléchir?
Bon allez promis, moi j’arrête les forum infirmier.
;)