Aden Arabie de Paul Nizan

Je me suis longtemps demandé pourquoi ce roman qui doit être largement dans le top 3 des incipits les plus célèbres de la langue française (franchement à part « Longtemps je me suis couché de bonne heure » ou « Aujourd’hui maman est morte » qu’est ce qui est plus célèbre que « J’avais 20ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus âge de la vie » ?) était aussi difficile à trouver en librairie, aussi peu lu en somme.

Il m’a donc fallu le trouver par hasard dans une bouquinerie de Royan pour avoir la réponse, implacable : ce texte est absolument sans intérêt!

De fait il raconte la fuite de l’auteur vers Aden alors qu’il avait 20 ans, fuite motivée plus ou moins par le désir fantasmé de l’aventure (il est la génération juste après la guerre et on sent que cela pèse) or ce voyage se révèle absolument sans intérêt, si ce n’est touristique. Il a voulu voyager pour se rencontrer, il s’est découvert lâche, rentrez chez vous (et c’est ce que fait l’auteur d’ailleurs).

Pour alourdir tout ça (au cas où ça ne suffirait pas…) Nizan ajoute aussi un long délire totalement fifities sur le « peuple » et « l’homme libre » et la « société de consommation » tartine ampoulée et sans aucun intérêt qui ne fait que me confirmer que vraiment, tôt ou tard il va falloir faire le procès littéraire de la clique de Sarte et de de son époque… Quelle prétention dans ces textes pseudo philosophiques, que de mamamouchis, que d’amphigourismes, que de bla bla… Bref.

Enfin vous saurez vous aussi pourquoi ce texte disparait peu à peu de la circulation…

PS : Une chose drôle cependant, en lisant ce texte je me suis demandé quand même où était Aden. Google earth et je fais défiler une ville arabe magnifique entre pierre blanche et mosquée qui attise pour le coup ma curiosité. Je commence donc à chercher des séjours, des billets d’avion… avant de comprendre que c’est juste l’une des zones du globe les plus dangereuses du monde, entre piraterie et guerre civile sanglante…

Un instant je me suis donc imaginé débarquant à l’aéroport, moi le pd occidental moyen avec mon livre de Nizan à la main et ma bouche en cœur…

Et bon, j’avoue que ça m’a fait bien rire. Que voulez-vous, quand on est con, on est con hein…