« Le bonheur selon tchouang – tseu » de Yu Dan

Note : Dans cette note, je vais manier à la machette toute une théorie de concepts vieux de plus de 2400 ans et infiniment complexes.  Merci de ne pas m’en tenir rigueur; evidemment que je sais que tout cela est plus complexe…Mais  je rédige une note de blog pas une thèse en sinologie.

La lecture de « l’art de la guerre » de Sun tzu m’a entrainé à lire à lire le « tao to king » de lao tseu et ce fut une révélation personnelle comme je n’en ai pas eu beaucoup dans ma vie. Du coup je me suis intéressé au Taoïsme (puisque le tao to king en est le livre fondateur) et donc aux trois autres auteurs majeurs que sont tchouang tseu ou lie tseu. (et puis dans la foulée j’ai lu Confucius aussi).

Or, j’étais justement en train de lire « le rêve du papillon » quand sur facebook les éditions Belfond m’ont proposé de gagner le livre de yu dan. J’ai joué et j’ai gagné, moi qui gagne si peu dans la vie.( et alors oui déjà on pourrait s’arrêter pour méditer là dessus deux heures en voyant des signes partout comme un william Rejault de bazar ou bien se dire que c’est le bienheureux hasard qui fait bien les choses, parfois).

Et j’ai lu « Le bonheur selon tchouang tseu » donc.

A la base j’avoue que j’étais un peu prévenu par ce genre de texte qui promet « le bonheur » parce que ça sonne à fond « psychologie magazine » et autre billevesées et surtout parce que le bonheur n’est pas du tout un enjeu du taoïsme. En plus yu dan est l’auteur « Du bonheur selon conficius » or il n’y a rien de plus opposé au monde que la pensée confucéenne (qui en gros prône une hyper adaptation sociétale en respectant à la règle rites et ancêtres ) et la la pensée taoïste (qui propose en très gros de se fondre dans la tao fondamental jusqu’à ne plus savoir si c’est le vent qui vous pousse ou vous qui entraînez le vent) alors je ne voyais pas bien comment on pouvait réconcilier les deux.

Et pour être franc je crois que Yu Dan a un peu galéré aussi. Même si elle a pris comme auteur Tchouang tseu, qui est peut être le moins taoïste des auteurs taoïste, le plus prés d’une pensée bouddhiste avec les idées de chemin et d’éveil par exemple… Mais là encore expliquer Tchouang Tseu sans expliquer Lao Tseu me semble un pari compliqué et ceci dit expliquer Confucius et Lao tseu de la même manière est proprement impossible…

Bref donc à le lire ce texte m’a laissé un peu perplexe, il m’a semblé comme hésitant entre reformulations et glissements légers vers un bouddhisme plus connu des occidentaux… Par contre le dernier chapitre « le grand tao et la nature » explique clairement l’opposition entre confucianisme et taoïsme et montre enfin le projet de livre , comment tout ça peut cohabiter. Mais il aura fallu tenir 10 chapitre avant.

En conclusion je ne sais pas trop quoi penser de ce texte même si j’imagine qu’il est au moins une bonne porte d’entrée dans l’œuvre de tchouang-tseu et qu’il va attirer un peu de lumière sur lui. Mais ceci dit sans aucune notion sur Confucius ou Lao-tseu je crains vraiment que tout ça ne soit un peu galère à comprendre…