"Sugar Baby" Arkhe editions
Note : J’avais « croisé » Philippe Bartherotte lors de la sortie de son premier livre « la tentation d’une ile » sur les dessous de la télé réalité. J’avais eu peu de retours sur ce texte mais il y a quelques semaines, l’auteur, qui semble l’avoir apprécié, m’a joint lui-même en me proposant de lire son nouveau roman… Ce que j’ai fait evidemment, tordant le cou pour une fois à mes lectures « classiques », tout étonné en plus d’être contacté amicalement par un des maudits AFV (Les Auteurs Français Vivants) avec qui les relations sont en général… infiniment plus tendues…
Histoire : « Sugar Baby Love » décrit la douce descente d’un trentenaire artiste, qui nous ressemble un peu, dans la démence radicale. Épuisé dans ce monde qui ne lui ressemble pas, qui ne ressemble à rien d’ailleurs, il décide de faire un attentat suicide à l’arme lourde…
Style: Avant d’ouvrir le livre, honnêtement, j’étais un peu inquiet… Et ce fut une très bonne surprise ! Évidemment on n’est pas dans la phrase proustienne ni dans le concept célinien mais, pour un roman contemporain, le style est très nerveux et le rythme parfaitement tenu, même dans les moments les plus dangereux… Philippe Bartherotte tient parfaitement son histoire dans tous les virages, nous tient aussi du coup et ne nous lâche plus sans faire d’effets de manche ou de narration… Une vraie bonne nouvelle…
Oui : Il y a plusieurs raisons de lire ce livre…
1- Pour l’histoire, certes un peu barrée, de ce trentenaire qui devient dingue et s’imagine tirer sur ou baiser tout le monde. Ok, ça peut ne pas plaire mais moi qui aime ça, dans le genre, c’est le meilleur que j’ai lu.
2- Pour l’identification: Pour moi, il y a un vrai lien entre « Sugar Baby » et son texte précédent même si le propos est totalement différent et même si cette fois c’est de la fiction… On retrouve ainsi dans ce texte le même narrateur, ce fameux trentenaire moraliste post-moderne qui ne comprend pas son époque et qui est sidéré (jusqu’à ne plus sortir de chez lui) par son vide, par son absurdité…Encore une fois bien sûr on peut ne pas aimer ça… Mais personnellement l’effet d’identification du premier roman marche et plus encore… à en devenir totalement dingue parfois (le personnage passe dans ma rue, se ballade dans mon quartier, dans mes quartiers, a les même pensées que moi, passe en gros ses journées comme moi, parfois…). Impressionnant.
Non: Bon ok il y aussi quelques écueils
1- Le principal est bien sur l’effet « post American Psycho »… Décidément on n’en sort pas et oui ce livre peut être vu inévitablement comme un énième succédané de Bret Easton Ellis. Les AFV ont définitivement l’air d’être obsédés par les ruptures sentimentales (ma femme est partie), les deuils (mon chien ou mon père est mort) et les carnages/viol (étrangler et violer une fillette est un minimum…). Ceci explique d’ailleurs pourquoi j’en lis de moins en moins…
2- Il y a des coquilles, des fautes, (un jus d’orange « pressée ») (de partir?), des imprécisions (Patrick Batman?, Miou Miou?), qui agacent un peu…
3- La fin, énigmatique et ouverte laisse un peu sur sa faim… Alors que tout le reste du roman est plaisant de maitrise, les derniers chapitres semblent tout à coup hésitants et incertains… Si on est bienveillant on dira alors que l’auteur laisse le lecteur libre de choisir sa fin dans une apothéose onirique reprenant l’effacement de la pensée du personnage… Si on l’est moins on dira juste qu’une fin comme ça ne cadre pas avec la structure du reste du roman…
Conclusion : »Sugar Baby », roman pour le moins inattendu (au sens propre du terme), vous fera passer un excellent roman pour que vous soyez un minimum client des ambiances à la « American Psycho ». Évidemment si vous avez l’impression d’avoir déjà lu 100 romans comme ça, celui-ci n’apporte rien… Si par contre vous avez encore un peu d’appétence pour ce qui finit, malgré tout, par ressembler à une figure imposée, « Sugar Baby » présente un niveau rare de maîtrise narrative et donc de plaisir de lecture…
Conclusion totalement perso : En plus de m’offrir une identification personnelle (ok dans une certaine mesure) au narrateur… « Sugar baby » me semble vraiment comme un cousin germain à mon propre texte « Le chant des grimaces » où d’ailleurs mon héros écrit une resucée de Américan psycho (sauf que moi ce n’est qu’un élément narratif et non la trame du roman car je suis déjà post post american psycho ;)) ). .. Ceci dit, évidemment, pour que vous compreniez de quoi je parle, il faudrait encore que ce texte soit disponible ;)). Reste cependant que c’est la première fois que je me sens aussi proche intellectuellement d’un parfait inconnu… Nous sommes deux moralistes post-modernes perdus dans leur époque et, de toute évidence, nos questions se répondent …






Bon, ben quand j’aurais terminé « Le passager » et « le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patate » (oui, j’ai cédé… je sais, c’est mal… pour le moment, il ne m’emballe pas des tonnes !! Si ce n’est pour le langage très « fin de siècle » qui j’affectionne particulièrement) ; j’irais me chercher « la tentation d’une île ». Je sais pas toi, mais personnellement, quand je lis un livre, j’ai besoin de lire tous les autres du même auteur… Je t’explique pas le carnage quand j’ai découvert Zola…
Euh… ici je ne suis pas sur que ce soit nécessaire mais bon hein, j’ai pas de raisons de t’en détourner non plus ;)). Quant aux autres livres des auteurs c’est drôle moi je vois ça comme des bonbons et je laisse le hasard, la vie les mettre sur mon chemin. Par exemple je sais qu’il me reste des Céline et des Zola à lire, des balzac aussi… Et quelque part ça me rassure pour l’avenir ;)))
Je comprends que ça te rassure, tu auras toujours quelquechose à te mettre sous la dent ! J’aime bien aussi me laisser guider par le hasard, les rencontres… comme là, maintenant ! Jamais de la vie je n’aurais été vers ce genre de livre, mais ce que tu en dis m’intéresse, donc j’ai envie d’en savoir plus. Je pense que c’est le même mécanisme pour les auteurs dont je vais lire « tous » les livres (Zola, je ne suis pas sûre d’avoir tout lu. Les Rougon Macquards, ça, c’est fait, et d’autres qui n’appartiennent pas à la saga, mais il était très prolifique !!). Ca fonctionne aussi dans le sens inverse : si je n’aime pas, j’en essaye un 2° et après j’arrête. C’est ce qui c’est passé avec Katherine Pancol, dont on nous rebat les oreilles. J’ai commencé par « Les yeux jaunes des crocodiles », puis « La valse lente des tortues »… et mais je me passerai des écureuils !! Pas moyen d’entrer dans son univers…
Oui en fait tout simplement tu as du goût quoi ;))).Pancol ca fait tres infirmière non? ;))
Pancol, c’est comme Levy ou Musso, de la guimauve sauce mélo à lire très vite l’été en paressant au soleil pour offrir qq émotion facile à un coeur d’artichaut ; et à ne surtout acheter qu’en poche!
Ca ne marche que parce qu’après tout, on a quand même très envie de connaître la fin (eh oui, ces « écrivains? » ont suivi des classes d’écriture américaines!) et comme ça ne demande pas trop d’effort…
Quant aux « Ecureuils », il est très très mauvais, c’est le pire de la série!
Je n’ai jamais tenté en fait. Un doute… Que tu confirmes ;)))
Pour Musso, je suis d’accord. Pour Levy, j’ai beaucoup aimé le tout premier, qui était vraiment original. J’ai eu la sensation en le lisant que c’était une histoire qu’il portait en lui depuis longtemps, et qu’il a écrite avec beaucoup d’amour. Pour ses personnages. J’ai lu les autres, pensant qu’ils seraient dans la même veine. Grosse erreur. J’ai juste eu le sentiment qu’il a voulu surfer le plus vite possible sur la vague de son succès. Seul « Mes amours, mes amis » tirait encore un peu l’épingle de son jeu… Dommage, je pense qu’il avait du talent pour raconter des histoires….
ok… Euh je te laisse seul juge… Levy fait une littérature qui ne m’interresse pas… Parce que j’ai autre chose à lire… Mais sinon son positionnement ou il assume de faire des « romans de plage » je trouve ça plutôt très bien…je n’ai rien contre la littérature grand public qui s’assume… ;)