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La fin des msp, la fin des haricots?

Un drame agite en ce moment la nursosphère alors comme je suis pour ma part passablement véner en ce moment et que j’ai la pèche pour répondre j’en profite pour m’y jeter …

Mais avant un rappel des faits s’impose:

1- Une MSP c’est quoi?

C’est une « Mise en Situation Professionnelle » et ça se rencontre durant les études infirmière. De mon temps (promo 1999) (pas de commentaires), chaque année , deux fois dans l’année, une de nos enseignantes débarquait en plein stage, nous cassait les couilles suivait (au sens propre, elle était collée à notre cul) pendant 2 heures puis elle évaluait les soins et nous mettait une note. En général la surveillante cadre du service suivait et participait à la note. Si vous n’aviez pas 10 de moyenne vous redoubliez votre année (ou vous étiez viré, suivant qu’on vous aimait ou pas à l’ifsi)

Enfin, pendant le dernier stage de la formation, avait lieu la MSP du diplôme, où là, une surveillante, sortie de nulle part (mais vraiment nulle part puisqu’elle était en général d’un autre département) , vous collait au train pendant 4 heures (4 heures!!!!!!!) avec la menace d’arrêter à tout moment la matinée en cas de « faute d’asepsie » et de jeter à la poubelle toute votre formation comme ça d’un coup, clac. Vous vous rappelez du stress de passer le permis? Et bien là ça durait 4 heures et se jouait alors toute votre formation de 3 ans et demi sur les humeurs d’une seule personne. Ambiance.

Pour information et pour bien comprendre tout l’intérêt de la chose, il faut savoir que les enseignantes qui vous notaient, ne connaissaient strictement rien au service, ni au pathologies et vous notaient uniquement par rapport à des soins « idéaux » (dits « technique » ) qui sont totalement infaisable dans la vraie vie (par exemple en technique tu dois te laver les mains 3 fois pendant un soin; dans la réalité, il n’y a pas de point d’eau dans la chambre).

Pour information bis les jours de msp, tout le service était au courant et surtout le patient qu’on avait prévenu (et qui nous soutenait en général…) et qui donc, ce jour-là, allait toujours bien et chantait nos louanges pendant le soin… bref c’était du grand guignol.

2- Quel est le débat?

Le débat actuel c’est que depuis qu’ils sont LMD, les études infirmières ont changées et il n’y a plus de msp ; pare contre ils ont des stages plus longs (parfois plus de 10 semaines). L’évaluation est donc faite par l’équipe.

Enfer et damnations, les « vieilles » infirmières hurlent donc à l’agonie, à la négation de la formation, au « c’est plus comme avant » , au « les élèves ne savent plus rien faire » , « à l’aide, à l’assassin on nous ment, on nous spolie » et les étudiants dans la foulée s’en prennent plein la gueule dans tous les forums (feignasses, gourdasse, etc…) parce que insulter les étudiants et dire « qu’ils ne seront jamais de bon professionnels » il faut le savoir, de tous temps ça a toujours un des plaisirs cachés de l’infirmière… J’y ai eu droit, tout le monde y a eu droit, tout le monde en son temps à trouvé ça très con mais qu’importe, tout le monde continue… bref.

3- Mon avis à moi que j’ai.

Désolé pour les vieilles mais j’ai toujours trouvé que les msp étaient une connerie profonde. En clair on demandait a des étudiants en 4 semaines de savoir faire les soins d’un service « en technique » (alors que personne ne les fait comme ça) alors que à l’usage, même après le DE, pour être vraiment à l’aise dans un service, en général il faut au moins 6 mois… Alors, à quoi ces évaluations sur un soin qui n’existe pas, fait dans des conditions totalement absurdes et surtout sans autre référence que le bon vouloir de celle qui notait, rimaient-elles?

Ainsi, le fait que les élevés soient évalués sur toute la durée de la stage me semble donc infiniment plus juste… Parce que, il ne faut pas déconner non plus, en 4 semaines minimum, si tu es un peu honnête, tu as quand même largement le temps de voir si ton élève est dangereux et motivé… ou pas. Et si tu penses que ce n’est pas possible pendant ce temps-là, comment veux-tu alors que ça le soit en 2 heures par une inconnue qui débarque de nulle part et reste deux heures dans le service?

Soit mais pourquoi alors un tel débat me direz-vous?

Et bien la vérité cachée que tout le monde connait mais que tout le monde fait comme si qu’on la voyait pas et qu’on tournait autour, c’est que les infirmières, en général, tout d’abord détestent et ensuite sont incapables de noter des élèves. Oups, voilà je l’ai dit.

Ça a toujours été comme ça dans les stages: tu arrives, tu es largué dans un coin, tu sers à répondre aux sonnettes, tu te démerdes pour assister à des soins mais dans la majorité des cas personne n’a rien à foutre de ta gueule, surtout quand tu es le 500 ° élève de l’année. Alors avant c’était bien: du moment que t’étais gentil et que tu vidais les bassins et que personne ne t’avait dans le nez pour x ou y raison, on te filait entre 14 et 18, charge aux msp de te saquer ou pas, mais les services ne te saquaient jamais.

Mais maintenant il n’y a plus de notes, il y a des questions précises (merde tu as fait des prises de sang ou pas?) alors evidemment ça gène aux entournures et puis quand l’élève est mauvais ben il faut faire un rapport, il faut expliquer et argumenter alors bon, hola , ça va hein, rendez nous nos msp et qu’on en parle plus!! Et puis en plus, comme en général ils n’ont pas de référents de stage et qu’ils ont suivi une dizaine de pro qui ne se voient jamais, vas-y toi pour faire une évaluation quant tu te retrouves le dernier jour comme un con devant la feuille de l’élève… Alors bref, bis, rendez nous nos msp, saquez vos élèves tranquilles et foutez nous la paix!!!

Pouic, pouic, pouic…

4- La « compétence », cette vaste blague…

Dans ces débats ressort aussi, tout le temps, la bonne blague du « les élevés ne savent rien faire!! » et là je rigole. En général quand tu creuses un peu, celui ou celle qui dit ça, 9 fois sur 10 fait partie d’un service ultra technique (genre réa neuro) et hurle à la mort parce que, quand ils arrivent, les élèves ne savent pas immédiatement se servir de tels ou tels bidule hyper technique et ultra spécifique au service. Prenons un exemple concret : les gazs du sang. Dans la vraie vie très peu d’ide savent le faire… parce que c’est un soin qui ne se fait qu’en réa, et encore même pas dans toutes… N’empêche que si un malheureux élève arrive et dit ne pas savoir les faire, c’est la révolution chez nos copines de réa (que j’embrasse) « on ne leur apprend plus rien, a non vraiment , il faut tout leur dire… ». Pouic, pouic, pouic… La bonne blague de la bonne blague, accessoirement, c’est tout de même qu’il y a en France des milliers de services avec des milliers de détails de fonctionnement qui leur sont propres…Alors c’est sur que les pauvres élèves ne sont pas sortis du sable…

Ainsi, quand on lit les forum infirmier, c’est comme si pas une infirmière n’était capable de faire la part des choses entre ce qui est essentiel pour un élève (le positionnement, le raisonnement, l’envie, la curiosité, la réflexion par exemple) et l’accessoire (notamment des gestes techniques précis… qui s’apprennent toujours quand on en a besoin).

L’absurdité totale , ceci dit, est que dans les critères d’évaluation des élèves, un nombre précis de gestes techniques sont notés précisement (alors qu’avant ils ne l’étaient pas). Et on arrive donc à cette confirmation absurde que au cours de sa formation un élève, quelle que soit la réalité de ses terrains de stage, un élève « doit » maitriser des gestes techniques… qu’avec un peu de bol il ne croisera jamais… Ce mode d’évaluation est donc absurde en pratique en plus de l’être en théorie… Un élève infirmier qui sort du diplôme doit maitriser les perfusion et les pompes, vraiment? C’est étrange mais après 10 ans de diplômes je suis sur que 50% de mes amies sont incapables de poser une perfusion du premier coup… Simplement parce qu’elles n’ont pas fait ce soin depuis des années… Et pourtant ce sont de parfaites professionnelles… Et pourtant si il faut un jour qu’elles s’y mettent je suis sur qu’en 3 semaines ce sera fait, comme tout le monde, point barre. Donc non, je suis désolé, au sortir du diplôme un élève n’est pas obligé de maitriser TOUS les gestes techniques ça n’a strictement aucun sens.

5- En conclusion et pourquoi je m’agace

Ce qui m’agace profondément dans ce débat c’est l’incapacité apparente de la profession, à comprendre et à mentaliser ce qui est utile et indispensable pour les futurs professionnels de demain et ce qui ne l’est pas. Plus précisément, ce qui me fait parfois bouffer ma table régulièrement, c’est que chaque infirmier semble évaluer la  formation des élèves à l’aune de son propre service (pour les infirmières de réa au bout de trois ans les élèves doivent pouvoir bosser immédiatement en réa; pour les infirmières en cancero, ils doivent pourvoir les remplace immédiatement etc…), or, sincèrement la seule richesse de ce métier est l’étendue de son exercice alors ce genre de réflexion me donnent des envies de meurtre… Là franchement ce n’est plus penser étroit, c’est carrément ne pas penser du tout, voilà, c’est dit. Et comme elles sont incapable de penser le travail infirmier au delà de leur propre service,evidemment évaluer un élève devient une gageure… Alors elles hurlent à la mort de demande le retour des MSP…Pouic,pouic, pouic…

A l’inverse, par contre, absolument personne n’a réagi lorsque l’épreuve écrite finale a été supprimée… Il y a 10 ans… (oui les jeunes à mon époque on passait la msp + L’épreuve écrite + le mémoire).  Moi ça m’a carrément choqué parce que cela veut dire qu’un module qu’on a vu et validé en première année, on peut ensuite totalement s’endormir dessus et ne plus jamais en entendre parler… L’épreuve écrite du DE, même si elle était passablement colossale (réviser TOUS les modules pour une seule preuve écrite) nous obligeait au moins à revoir nos cours régulièrement, à ne pas trop s’endormir, bref  à nous tenir nos connaissances à jour pendant les 3 ans… Ce qui me semblait la moindre des choses.

Mais donc enfin, en clair, qu’on puisse être infirmier en ayant vaguement entendu parler de cardio il y a 3 ans sans jamais être revenu dessus ça passe très bien ; mais qu’on ne se tape pas une épreuve absurde ou un connasse vous note à la tête du client ça c’est un drame, vraiment?  Qu’on n’évalue pas les connaissances des élèves sur les pathologies et sur le raisonnement clinique ça ne pose pas de problème mais que personne ne les note sur la façon de faire des toilettes hemicorps par hemicorps ça c’est un drame, vraiment??? Mais bon sang mais quelle vision du boulot avez-vous? Sommes nous a ce point des gourdes, juste bonnes à faire des soins tout bien comme il faut et surtout sans réfléchir?

Bon allez promis, moi j’arrête les forum infirmier.

;)

 

 

 

 

 

 

30 commentaires

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  1. Céline a dit :

    Coucou!

    Juste un « petit » com pour dire que je suis d’accord avec toi sur le côté « grand guignol » des MESP (dans le 38, va savoir, on compte le E de En) même en version longue de 4h… Les membres de l’équipe que tu croises en catimini dans l’office sale et qui te lancent des regards « Que la force soit avec toi » c’était un peu sympa mais beaucoup chiqué, c’est vrai. Et à ce titre, perso, je ne regrette pas les MESP… (Comme je ne lis pas les forum, évidemment, je ne suis pas au courant des tendances à la mode!!!!)
    Du côté soins j’abonde 100% dans ton sens. En MESP c’était trop artificiel pour être honnête mais en ce qui concerne la « démarche de soins » qui était présentée au cours de cette MESP, j’avoue que « ça me parlait beaucoup » de la motivation de l’étudiant, aussi bien que de ce qu’il ou elle avait compris, les liens qu’il ou elle faisait… Etc…

    Là où je travaille on demande rapidement (au bout d’une semaine pour les 1ere années / dès le 3e ou 4e jour pour les 2e ou 3e année) à l’étudiant de « prendre en charge » un patient. Pas tant pour qu’ils fassent TOUT mais pour qu’au moins rien de leur échappe. Que ce soit de la biopsie pratiquée par le médecin, la visite médicale, jusqu’à la prise des constantes ou le nursing… Ce qui leur est demandé c’est bien sûr de s’approprier les « soins techniques » autant que possible et de les pratiquer (sachant que je bosse dans une unité pouvant encore se payer le luxe d’accompagner les étudiants au cours des soins).
    Mais surtout, ce qu’on entend par « prendre en charge » c’est savoir faire les liens. (Relever des constantes, par exemple, en sachant ce qu’ils cherchent à détecter, ne pas noter bêtement un 38° de fièvre en post op sans ciller, ça c’est vu, mais justement, on accompagne nos étudiants pour qu’ils « interprètent » ce qu’ils observent.
    La finalité de la journée étant de présenter les transmissions de son (ou ses car les plus à l’aise ont une 2e patient) patient en sachant exactement de quoi il retourne pour lui ce jour là tant au niveau psychique, que clinique, que biologique (au moins la créat et l’Hb) vu qu’on en est transplantation rénale.

    Je ne pense pas que ce soit l’absence de MESP qui aie fondamentalement changé le profil des étudiants que nous accueillons mais c’est notable qu’ils ont plus de mal à faire ce travail (de lien) sur ce type de cursus. En en parlant avec eux, il semble que l’enseignement actuel « manque de concret » et qu’ils s’avèrent bien paumés…
    Sinon, ma foi, à part ça rien de nouveau sous le soleil ils sont pour la plupart toujours paniqués à l’idée des calculs de dose (comme à mon époque) croient qu’ils sont perdus s’ils n’ont pas posé une SAD ou un cathlon avant la fin de leur cursus… Etc…
    Ce que je leur dis, c’est que le DE, c’est comme le permis de conduire. C’est juste pour dire qu’ils sont « apte » à exercer ce métier car ils ont les capacités humaines et compris les bases de la réflexion et de l’organisation sur lesquelles ce métier repose mais après… C’est comme le permis, on apprend en conduisant… Et la première année, il ne vaut mieux pas avoir d’autoradio sinon on est vite distraits!!!!

    Voili voilà… Je ne sais pas si ça fait avancer le débat.
    Et sinon bien le bonjour et prenez soin de votre dos…

    Céline

    PS: Je ne commente pas souvent, mais quand, je m’y met, hein quelle tartine!!!

    1. yann a dit :

      Ben non Céline, je t’assure que par rapport à ce qu’on peut lire ailleurs tu fais bien avancer le débat ;)). Pour les msp on est parfaitement d’accord et ce qui , en plus, me gonflait c’est de voir a quel point elles servaient surtout à virer ceux que les enseignantes n’aimaient pas. C’était flagrant et parfaitement injuste puisque sans contestation possible.
      Pour les démarches de soins oui c’est intéressant mais, sauf erreur de ma part, ils continuent d’en faire… Après là aussi, j’aimerais bien savoir quand on va enfin se décider à donner une seule forme précise à ce truc, ça fait partie des chose qui me rendent passablement dingo d’ailleurs… Tout le monde est d’accord sur ce que ça doit dire et les liens à faire… Mais nos tête pensantes ont tellement bien œuvré à se contredire et à se noyer dans des détails de merde… que plus personne ne sait exactement ce qu’il faut faire, au fond… C’est pas dingue ça ? Personne ne sait comment formuler ces trucs là !!!
      bref…
      Et pour la suite ben , on est bien d’accords ;)))
      Reviens donc quand tu veux !!
      Des bises

      1. Céline a dit :

        Euh… A propos des démarches, oui, les étudiants sont toujours sensés en faire et nous pensons que ça les aide à comprendre le patient qu’ils ont en charge… Mais, nous avons toujours quelques réfractaires (allez, un ou deux par an maxi, c’est pas beaucoup sur la quantité d’étudiants accueillis en stage.) Pour ceux là, on sent bien que (et là je te cite) « sans note pour se motiver » ou disons sans MESP, ils remettent à demain ou noient le poisson!!!!

        Maïna semble avoir bien de la chance et un suivi top par l’IFSI!!!! Bravo!!!!
        Chez nous c’est pas ça, et du coup, c’est localement, c’est à dire le lieu de stage qui s’est organisé pour donner du sens à l’encadrement… Il faut dire que les IDE sont motivées (et celles qui le sont pas, le disent ouvertement et ont le droit de passer la main) et nous avons ce qui peut s’appeler un véritable appui du cadre qui, si le service devient trop speed, (des accouds de 2 jours maxi) pour que les étudiants puissent tout suivre, prend le relais!!! (J’avais jamais vu ça avant!!!)

        Céline

        1. yann a dit :

          Et ben voilà aussi le nœud du problème ET la solution… En fait des solutions existent, evidemment, mais c’est à chacun de les chercher un peu avant de les trouver… Bref il faut se sortir les doigts et s’impliquer or ça evidemment c’est moins facile que de jeter tous les étudiants avec l’eau du bain…
          ;)

  2. Linoa a dit :

    Je ne saurais être plus d’accord: les msp étaient une connerie…. Mais le nouveau système, je ne sais pas trop :/ Dans l’idée c’est super: ceux qui encadrent notent, on remplit le portfolio ensemble, tout ça . Dans la pratique, moi qui suit « de la vieille méthode » je ne peux m’empêcher de me dire que c’est donner beaucoup de pouvoir aux équipes qui,comme vous le faisiez remarquer, sont rarement dans la bienveillance vis à vis des élèves . J’ai eut énormément de chance dans mes stages durant mes études et pourtant je suis quand même passée au moins une fois dans une équipe qui m’a torturée pendant un mois…. Si j’avais du y passer 10 semaines et y être notée je ne sais pas,comment ça aurait pu tourner!
    En tout cas je garde cet article pour le faire lire à tous les futurs ESI que je vais croiser: enfin un infirmier qui ne vous raconte pas qu’il était parfaitement opérationnel en sortant du DE!

    1. yann a dit :

      Alors oui effectivement…
      -Pour les stages longs, je suis d’accord c’est à double tranchant… Et moi aussi dans certains lieu je n’aurais pas tenu 10 semaines… Mais d’un autre coté les stages de 4 semaines étaient frustrants parce qu’on commence à comprendre et à être efficace… au bout de 3 semaines minimum…
      -Pour l’évaluation c’est pareil aussi, oui les équipes ont plus de pouvoir et peut être qu’il faut enfin l’assumer ; c’est de notre responsabilité de dire qui on veut comme collègue et qui on veut pas… Tout en restant zen aussi puisqu’on ne donne notre avis que sur un stage… Donc la seule façon de s’en sortir c’est de réfléchir à ce qu’on attend d’un étudiant et d’être objectif, voilà. Mais ça encore, l’accueil des étudiants ça ne s’improvise pas et ça doit se cadrer en équipe, non?

      Quant à dire qu’on est opérationnel en sortant du DE c’est de la pure connerie et il faut vraiment être bien buté pour faire croire ça. Non je n’étais opérationnel en sortant du DE et personne ne l’est. J’ai 12 ans d’expérience, je pense être opérationnel en orthopédie, en gériatrie et en libéral … mais c’est tout. Lachez-moi en réa ou ne uro ou au bloc (???) et je suis paumé evidemment !! Et dans ce cas tout le monde l’est enfin, c’est parfaitement normal, comment pourrait-il en être autrement?
      Même en libéral, où toutes les nouvelles arrivantes, une fois qu’elles ont acheté un 4*4 se croient parfaitement au point, Or il faut des mois, voire un an pour bien comprendre et maitriser tout ce qui entoure le soin…
      Mais par contre tout s’apprend, voilà. Et avec l’expérience c’est vrai qu’on a des « réflexes » qui sont valables partout, donc on s’adapte plus vite mais il n’y a aucune magie, il y a juste un peu de travail et de patience et l’humilité aussi de se dire, que si,si même après 15 ou 20 ans on n’est pas compétent « partout »…
      Vraiment des fois le monde infirmier me fascine ;)))

  3. capitaine a dit :

    Salut Yann,
    pas grand chose à rajouter à ton article qui est complet et se rapproche beaucoup de mes opinions en tant qu’élève. Le seul point négatif à la disparition des msp est à mon sens que l’évaluation pratique ne repose quasiment plus que sur les ide des services. En effet, nous sommes évalués une fois par an sur un soin technique à l’IFSI (préparation de perf avec calcul de dose en 1ère année, transfu avec CUPT en 2ème année et CIP en 3ème année), mais on a l’impression qu’avec cette réforme les formateurs se désinvestissent complètement de ce qui se passe dans les services. En 2 ans 1/2, je n’ai jamais eu l’occasion de voir un formateur en stage qui venait voir si tout se passait bien, comment j’évoluais dans le service, etc. J’en ai simplement croisé par hasard alors qu’ils venaient encore faire passer les MSP des promos au-dessus de nous. Du coup je trouve ça un peu dommage et m’interroge pas mal sur leur rôle qu’ils vont être amené à jouer dans le futur, sachant qu’ils sont de + en + dépossédés de la formation théorique au profit des universitaires…

    A part ça le spectacle de Gaspar Proust est top ;)

    Bonne soirée.

    1. yann a dit :

      Le fait que tu sois évalué par les ide des services franchement c’est pas plus mal… il faut arrêter de croire que « avant » c’était un éden ou les enseignantes nous aidaient et nous soutenaient. C’est faux. Elle débarquaient en service en ne connaissant strictement rien des soins, attendaient un soin comme dans les livres (ce qui n’arrive jamais) et de toutes façon si vous faisiez en technique et pas comme dans le service une fois sur deux la surveillante vous reprochait de « ne pas faire comme on vous a montré, que quand même c’est plus simple!! » et l’enseignante fermait sa gueule… Bref franchement c’était n’importe quoi… Alors que les enseignantes restent à l’école pour vous montrer les soins de façon « officielle », que vous voyez dans les services comment ils se font réellement et reste à chacun de se forger sa propre pratique entre ce qu’il faut faire et ce qu’on peut faire.
      De toute façon, tiens le toi pour dit tout de suite, et crois moi sans attendre la 3° année, la formation en ifsi est injuste, totalitaire et absurde. La seule chose que tu as comprendre trés vite c’est que tout le monde se fout complétement de ta gueule et encore plus que tu arrêtes… Alors sois discret en service et à l’école, prend tout ce qu’il y a prendre et fais ta petite sauce perso que tu mettras en action après ton diplôme et voila. Souris, avale, tu es étudiant… et après ce sera pire (mais ça tu le verras tout seul).
      Et merci pour proust, j’spere que je pourrais y aller… ;))

  4. isa a dit :

    Si je devais résumer, je te rejoins entièrement yann , les enseignantes n’avaient plus un pied dans la réalité des soins depuis bien longtemps incapables elles mêmes de réintégrer un service alors comment être capables de pouvoir t’évaluer dans la réalité des services ? impossible … dc elles se raccrochent aux fiches techniques vieilles d’il y à 10 ans, avec des techniques de pédiluves à la con, … (qui fait un pédiluve ou un capiluve en technique dans les services ???).
    Quand il y a eu la possibilité de faire des TD av des CD informatiques , on a jamais pu y toucher car aucunes d’entre elles ne savaient s’en servir et surtout ne voulaient pas sortir de leur vieux petit confort. Celle qui avait la compétence et avait quitté les services, est restée à l’ifsi 2 ans puis a réintégré l’hôp. (je pense en plus qu’entre prof elles/ils se bouffaient le nez).Personnellement j’ai jamais vu un seul moniteur me voir en stage sur toute la durée de la formation.
    Je te rejoins aussi quand tu dis que les équipes attendent de toi que tu saches être autonome, autant qu’elles alors que tu es étudiant est que tu es censé apprendre. (si tu savais pas un truc on te sortait franchement en 2e année tu sais pas ça ? du coup t’as + envie de fermer ta gueule que de demander qlqchose)
    Pour bon nombre de personnel dans le service, l’étudiant était juste là pour qu’on puisse se décharger de plusieurs toilettes (je pense aux stages de gériatrie)
    idem utilisation de méthodes douteuses pour pouvoir virer ceux qu’elles ont choisi , les histoires de copinage entre cadres etc ….
    Si tu voulais passer une formation tranquille valait mieux être discret, serviable, fermer sa gueule, avoir des notes correctes, fallait que ta gueule revienne aux profs et aux équipes…
    franchement y’avait une mono elle arrivait en cours en se trainant et en soufflant …. ça motive ça !!
    Je ne sais pas comment la formation a évolué mais pour être idem diplômée de 99, je pense qu’il aurait été bon d’avoir + de pratique sur le terrain av des personnes motivées par l’enseignement , qui auraient encore un pied dans les services , des personnes pour qui l’encadrement des élèves, l’enseignement est un choix. En augmentant la charge de travail des équipes déjà épuisées, par l’encadrement d’élèves qu’elles n’ont pas choisies faut pas s’etonner que cela se passe mal.
    Il faudrait apprendre dans un premier temps des choses essentielles que l’on retrouve dans tous les services (gestes techniques et rôle propre,fonctionnement d’un service avec le matériel utilisé réellement ds les services). Sur la somme des cours qu’il y a à apprendre combien de diplômés rencontreront dans leur vie un cas de dengue, thalassémie etc … Quand tu es diplômé tu continue à apprendre et à te former, y’a certaines connaissances il me semble que l’on peut acquérir après, plutot que de charger un maximum le programme de théorie dont tu oublieras 1/3 au bout d’un an. Il y a quelque chose d’incohérent, on te bourre de théorie, il n’y avait pas assez de pratique je trouve, les gens sont démotivés et je trouve que peu te transmettent le goût du métier (j’ai trouvé par contre qu’en psychiatrie les étudiants étaient toujours bien accueillis, il y avait davantage une transmission des savoirs et moins un travail de sape). Les équipes ont en charge des étudiants mais personne finallement ne leur explique ce qu’es un étudiant, qu’es ce que l’on attend de lui, de celui qui transmet le savoir, enseigné n’est pas donné à tout le monde et pourtant ici tout le monde est censé pouvoir le faire. Les enseignants ne te suivent pas en stage ….. plutôt que d’aider un élève en difficulté , on l’enfonce encore plus. les enseignants ne savent pas ce qu’il se passe en stage et les IDE du service ne sont pas au courant des cours qui ont été effectués au moment où l’étudiant arrive ds le service ……bref c du vent tout ça
    je n’ai pas vraiment trop à me plaindre de ma formation , je n’ai pas été le bouc émissaire car savais me fondre ds la masse pour avoir la paix (mais là encore on te le reproche , mieux vaut savoir aussi fayoter un peu pour être bien vu), mais j’ai constater tous ces disfonctionnements(on l’a tous constaté dans la promo, tous…), j’ai vu certains élèves de ma promo se faire piéger, maltraiter par des équipes ou enseignants. Tous ceci dépend de personnes sur lesquelles tu tombes c tjs pareil. Mais je trouve que de toute façon y’a un problème dans la transmission des savoirs de manière générale dans notre pays, la sanction, le blame, les menaces, la pression tout ça ….. c’est un terreau bien fertile qui alimente notre vie depuis tout petit, et dont chacun est impregné malgrès lui. La valorisation est souvent relèguée au second plan.
    Bon je ne parlerai pas des MSP grande pièce de théatre dont tu as parlé.
    J’ai l’impression qu’av cette nouvelle formation on n’arrivera pas encore à quelque chose de cohérent….

    1. yann a dit :

      Ah oui c’est vrai, le capiluve en technique !!! Et la réfection de lit avec 6 draps dont le drap de parade, elle était pas bien celle-là ;))) Ca me sert tous les jours!!!

      Plus sérieusement, je suis parfaitement d’accord avec toi que cette nouvelle formation qui donne plus de pouvoirs aux équipes demande un vrai travail de réflexion en équipe sur la place de l’étudiant… Et de ne plus improviser en laissant les pauvres étudiants à la merci des humeurs d’encadrants qui ne les suivent jamais. Et oui ça demande du temps et là je suis à 100% d’accord. Or le temps manque donc il faudrait de battre pour l’acquérir. Mais là encore ce n’est pas du tout ce qu’on entend… Plutôt que de remettre ses pratiques et ses représentations en question (et puis d’assumer ses faiblesses aussi face auxquelles les étudiants vous mettent), il est tellement plus facile de leur chier dessus… et de beugler dans le vide en leur disant que jamais ils ne seront de bons professionnels… C’est ça que je trouve pathétique.

      Quant à l’enseignement des soins il évoluera le jour où l’on saura dire « stop au délire » aussi. En effet la théorie des soins infirmiers est bourrée jusqu’à la gueule de délires qui se contredisent tous… Entre les délire d’hygiène qui voudraient qu’une simple plaie soit faite dans un environnement stérile, les délires économiques qui voudraient qu’on ne soigne qu’avec une bite et un couteau (propre) et les délire administratifs qui voudraient qu’on coche une case chaque fois qu’on va chier avec d’événement indésirable si ça dépasse 3 min 30… Or l’école fait en général exactement l’inverse et accumule les délires, y compris, tu as raison, quand on passe presque autant de temps sur sur les pathos tropicales… que sur le diabète (?). Pour résumer j’ai surtout l’impression que la profession courre après un idéal de soi totalement con ( l’infirmière omnipotente qui sait tout, connait tous les soins de la pédiatrie à la réa chir et qui est corvéable à merci parce qu’elle « aime ses patients ») et que dans la foulée, les enseignantes font pareil… Bref, on n’est pas sortis du sable… Mais en attendant au lieu de prendre conscience de ça, de se remettre en question et surtout de lutter une bonne fois contre tous ces délires… et bien on chie sur les élèves parce que c’est plus facile.

      Pouic, pouic, pouic.

      1. isa a dit :

        La technique de réfection de lit av 6 draps et le drap de parade … très cher ! :))
        alors celle là ! :))

        c’est exactement ça des délires de perfection…..

        Je me souviens que pour les modules écrits, lorsque tu devais donner la définition d’un mot on te notait 0,20 point par mot juste ,et bien sûr le synonyme lui valait zéro, fallait recracher le cours à la lettre (du moins pour les définitions) …..

        Je me souviens aussi de l’ide fraîchement diplômée depuis 2 mois qui bavait déjà sur les stagiaires …

        enfin… :)

        1. isa a dit :

          et puis si c’était moi il faudrait virer ce TFE pour le remplaçer par de la pratique constructive sur le terrain. Le travail de recherche peut très bien se caler plus tard pour ceux qui voudraient approfondir certaines connaissances, il y a plein de DU pour cela, ou bien dans le cadre d’un master etc … il me semble que cela est plus logique que ce soit un choix et non un truc imposé(vu le tps que cela bouffe). Et puis mieux vaut avoir un peu de recul sur la profession pour traiter un sujet dans sa globalité, on n’a même pas finit les études qu’on nous demande d’être critique sur un sujet alors qu’inversement on te demande de fermer ta gueule en cours et de ne surtout pas remettre en cause les études, le système, l’enseignement, la profession …. encore une abbération de plus. Ce truc prend vraiment trop de place à mon sens.

          De même, je virerai les évaluations, les MSP, pas de notes ! etc … Si on avait des enseignants à l’écoute et disponibles pendant 3 ans et demi qui nous suivent en permanence (pas pour nous fliquer mais pour nous transmettre les connaissances), si il y avait un relais, une inter-connection entre l’école et les services av des gens qui sont là POUR former les élèves et seulement cela, avec pas mal de pratique, automatiquement les connaissances viendraient toutes seules s’accumuler, forcement au départ tu es obnubilé par le geste technique (sa réalisation), une fois que tu l’as fait une ou 2 fois au côté de l’encadrant tu peux de concentrer à connecter les connaissances (pourquoi, comment,qu’elle pathos, qu’elle prise en charge pour la suite … etc…).

          et puis une fois que tu es passé dans des services comme les crèches en 1ère année c’est bon , c’est pas la peine de le resservir en 3e année par ex (déjà parceque quand tu bosses en crèche en tant que IDE t’es au moins puer, qu’on developpe l’exercice en crèche en école de puer je veux bien …)

          Il y a vraiment trop d’incohérences, il faudrait tout changer, les mentalités en 1er, et je constate que cette nouvelle formation nous semble pas en prendre le chemin….. On est encore en train de faire du volume au lieu de se concentrer sur l’essentiel, la qualité, la simplicité…..

          1. yann a dit :

            Ah oui quand même…
            Pour la tfe par contre il va falloir que je me renseigne parce que je ne comprends pas. Nous on le faisait déjà et en parallèle de la msp et de l’écrit… Donc je ne comprends pas pourquoi maintenant ça prend « tellement de temps ». En plus moi j’ai eu droit aux questionnaires qu’on faisait passer dans les services alors vas y de les distribuer, récupérer etc…
            Par contre une chose est sure, c’est comme à l’oral du concours, ça m’étonnerait fortement qu’on te demande ton avis !!! Ou alors, vraiment les temps ont changé…

            Après je ne suis pas tout à fait d’accord et je suis un peu lucide, sans note pour se motiver aucun étudiant n’ira en cours ça c’est couru d’avance… et c’est assez humain je trouve… Et puis bon, à un moment il faut bien évaluer le travail tout de même… Mais encore je te dis la dessus (les notes) il me semble que votre formation est bien plus « cool » que la notre..

        2. yann a dit :

          Et oui 6 draps madame… Dont un pour emballer le traversin, oui madame… Ça c’est de l’enseignement utile non? ;))) Et 3h sur le capiluve bien sur !!! Et 3h de mieux sur le pédiluve, ou tu dois, je te le rappelle ignorante, essuyer chaque orteil avec une compresse différente…
          Et oui, oui les corrections, formidable… Moi j’ai eu aussi la question de cours… Qui n’avait pas été vue en cours… Et la mauvaise foi hallucinante de l’enseignante face à un amphi complet qui maintenait que si elle l’avait dit « mais qu’on n’écoutait pas comme d’habitude »… D’autres histoire aussi beaucoup moins drôle mais là il faudrait plusieurs pages…
          Allez vive l’ifsi !!!

          1. isa a dit :

            ah mais j’ai eu la même formation que toi même année ! :) une compresse par doigts pour le pédiluve j’ai eu les mêmes :), et pour le TFE je confirme dc que oui cela prenait une place monstre, et on avait aussi les questionnaires, enquêtes, dépouillement des réponses et représentation graphique des résultats (un travail de socio quoi), par contre je ne sais pas ce qu’il en est maintenant … mais franchement ce truc à part dire que les élèves ide réfléchissent et produisent aussi un travail de recherche av problématique,hypothèse et tout le tintouin ça sert pas à grand chose à mon avis enfin c un avis perso. c’ était donc juste pour dire que moi je virerai ce truc :)
            et pour les notes si tu évalue un élève pendant 3 ans et demi assiduement je pense qu’il n’y a pas besoin de note , c comme si on disait que tu dois noter ton collègue pour savoir si il est bon ou mauvais … par contre tous les cours obligatoire of course :)
            ENfin… tout ceci est juste mon avis sur comment je verrai cette formation dans un monde parallèlle bien sûr :) car vas y pour mettre en place un truc pareil dans notre bon vieux système :) c’était la minute rêverie quoi ;)
            et oui ici n’est dis que le plus soft lol! vive l’ifsi :) et l’emballage de traversin …. ils n’ont pas osé nous la faire celle là, ils étaient encore plus maso par chez toi :)

          2. yann a dit :

            Alors mon avis à moi que j’ai:
            1- Pour le tfe, bon sang en trois ans c’est la seule fois ou l’on ma demandé de « réfléchir » et de lire un peu… Alors franchement c’était pas une corvée pour moi… Surtout qu’encore une fois tu sais que ça arrive tu peux aussi anticiper (moi j’avais choisi mon sujet en 2° année et j’ai pris le temps de lire, de me faire plaisir). Donc non vraiment tout sauf une corvée.
            2- Pour les notes je veux bien et j’ai parfaitement confiance en nos amis les enseignantes mais si a un moment t’as pas une trace écrite et une preuve objectives pour tes notes et ton travail … Comment dire? Déjà que c’est largement n’importe quoi niveau favoritisme, là autant carrément jouer le DE sur photo et basta… Et àl’hosto tes collègues sont notés non?
            3- Oui la formation parfaite… Pour moi ces serait les BONNES bases à l’ifsi (hygiene, economie, pratique, dextérité en plus des modules théoriques qui accentueraient plus sur la physio et moins les pathos) et le reste en stage, chaque stage sur les horaires réels, divisé en deux avec deux référents (pour se laisser une chance quoi ;)) )
            Enfin oui je crois que j’ai eu l’ifsi le plus dinguo de France (mais apparemment il est connu pour ça alors…)
            ;)

  5. Chacha a dit :

    Tout est à relativiser dans cette réforme puisque chaque ifsi fait à sa sauce finalement. Nous on continue à avoir des sortes de MSP. On a des stages coupés en deux ect.
    Le pire de la réforme est le fonctionnement des validations. Tu peux repasser une épreuve de première année premier semestre (par ex anatomie) jusqu’à la troisième année au semestre 5, tu peux retenter et retenter et retenter, pareil pour les autres semestres… jusqu’à l’obtention de la matière avant d’être en semestre 6
    Au semestre 6, ce sont que des épreuves diplomantes, donc si tu as une note au dessous de 10 tu n’as pas le DE et tu le repasses en Décembre.
    En gros, tu peux être infirmier alors que tu repasses X fois l’anat ou les pathos mais que tu as la chance de ne pas te faire lourder pour le TFE et deux/trois autres « conneries ».
    Pareil pour les stages si tu as trop (combien on sait pas) de cases à améliorer tu dois refaire le stage…

    1. yann a dit :

      Je ne veux pas défendre cette réforme mais pour info dans l’ancien système:
      - Les modules a faire n’avaient pas d’ordre précis. Donc chacun faisait à sa sauce (tu pouvais donc faire cardio en 1°, 2° ou 3° année et ainsi de suite). Resultat: si tu redoublais en ben le rpogramme des suivant pouvait être radicalement différent du tien et tu pouvais te taper alors soit les même, soit d’autre modules… Quitte pour toi à la fin de faire valider des modules manquants lorsqu’ils étaient dans dans d’autre promos… Bref, le bordel total !! Et au final seuls les redoublants de 3° années pouvaient survivre… Parce qu’ils étaient sur d’avoir fait tous les modules AVANT de redoubler…
      -Quant à l’injustice c’était exactement pareil, d’expérience perso: tu pouvais être dans les meilleurs en théorie, être « bon » en stage, survivre aux pièges des msp mais être menacé d’exclusion juste parce que ton « attitude » n’allait pas (en clair tu posais des questions auxquelles elle ne pouvaient pas répondre, voire tu ouvrais ta gueule).
      Alors je ne dis pas que celle d’aujourd’hui est mieux ou pire… M’enfin avant ce n’était pas le pérou non plus…

  6. Maina a dit :

    Je n’ai lu tous les commentaires donc j’espère ne pas faire de redites.
    Je voulais juste apporter quelques petites nuances:
    Peut-être qu’il s’agit de principes propres à mon IFSI/CHU mais dans chaque stage on a un référent qui suit les différents élèves en stage sur le pôle dont il dépend; il organise plusieurs journées de suivi (genre 2 ou 3 pour un stage de 10 semaines) qui permettent à l’élève de présenter une démarche de soin, un soin…Ce n’est pas dans un but d’évaluation mais plutôt d’évolution. Il y a aussi un outil de suivi des soins justement sur lequel les IDE qui nous encadrent tous les jours notent au fur et à mesure les soins effectués et s’ils les jugent acquis ou pas. Donc pour l’évaluation finale du stage, c’est assez simple de remplir les feuilles.
    Et un formateur passe une fois pendant le stage, et il peut venir plus régulièrement si on l’appelle (nous ou l’équipe).
    En ce qui concerne les soins jamais pratiqués en stage, l’IFSI a prévu des TP supplémentaires en 3ème année pour qu’ils puissent noter dans le portfolio que ces soins ont été pratiqués en IFSI. Les soins n’ont pas besoin d’être validés mais au moins vus et pratiqués. Les soins qui sont concernés c’est Transfu, perf avec calcul de dose, injection sur chambre implantable, SNG, SU, aspiration endotrachéale et soins de trachéo.

    J’ai connu les MSP (que j’ai foiré et donc j’ai redoublé ma première année) et il est vrai que je ne vis pas le stage de la même façon. Je me prends beaucoup moins la tête puisque je n’ai plus le stress de la démarche parfaite, du soin parfait (comme les formateurs voudraient qu’il soit parfait en fait). J’ai le temps (10 semaines) pour comprendre les choses, pour atteindre mes objectifs…

    Bref, tout ça pour dire que dans le fond, je suis plutôt d’accord avec toi. Ras le bol d’entendre « C’est quand ta MSP? Ca n’existe plus? Pff, c’est une aberration! Les nouveaux infirmiers seront incompétents »…
    Je suis diplômée dans 5 mois, jour pour jour et je sais qu’on m’attend déjà au tournant…
    Donc c’est assez rassurant de te lire ;-)

    1. yann a dit :

      Oui en fait maintenant comme avant chaque ifsi à l’air de faire sa sauce, donc. Moi j’avais l’option « ifsi obèse » avec 150 eleves par promo dans un chu immense… donc un enseignement à la louche. Mais sinon ton système a l’air pas trop mal…
      Et quant à t’attendre au tournant, oui enfin, c’est et ça sera toujours comme ça.. Tout le long de ta carrière alors fais toi y vite ;))

  7. muriel a dit :

    je suis IDEL et au début de la nvelle réforme n’y comprenant goute à leur jargon je me suis inscrite à 3 jours de formation : un psy-sociologue comme animateur?aidé de 2 profs du CHU. Public mélangé pommé mais désireux qd mm de bien faire le taf.Et bien on fut servi…Travail en groupe cas concrets sur étudiant à nous de concrétiser pour chaque situation des référentiels de leur nouvel outil JUBILATOIRE, un vrai CHARABIA et en fin de compte ce fut à nous de dégrossir,comprendre et adapter le port-folio à nos exercices respectifs.Ce stage pour sur nous a fait réfléchir en groupe,et pointer surtout l’amateurisme des pros en face de nous…. Sinon,en stage nos étudiants ont « limmense » privilège de recevoir LA PROF lui presenter une DSIet d effectuer un soin chez le patient. Pas de note juste une eval appreciative…

    1. yann a dit :

      Alors Muriel…
      1- Oui en formation, on a une chance sur deux d’être encadré par des nazes et c’est très fatiguant.
      2- Oui encore une fois , comme d’habitude, nos tête pensantes ont encore pondu un truc incompréhensible… C’est épuisant de connerie, faire simple et compréhensible n’est décidément au programme de nos chefs.
      3- Moi j’ai refusé que les enseignants viennent voir un soin en libéral parce que c’est trop simple de le dezinguer. Un soin en technique en libéral? Autant les jeter en haut d’une falaise et attendre qu’ils volent… Par contre, j’ai fait un livret avec une cinquantaine de questions sur le cabinet et sur les patients auxquels ils doivent avoir répondu avant le fin du stage, en général c’est pas mal et ça les oriente sans leur mâcher leur travail. Quant aux démarches de soins ça me gonfle, à chaque fois ils ont une méthode différente et ça me rend dingue alors on discute surtout sur le contenu et je les laisse gérer la mise en page avec l’école.

      En conclusion, comme toi, tout ça me fatigue un peu : on a beau être motivés et s’investir et savoir au fond ce qu’il faut faire , l’encadrement ne suit jamais et est totalement incompréhensible, prenant plaisir a manier des mots qu’ils ne maitrisent même pas eux mêmes… Mais qui font Bien quoi…

      12 ans que ça dure…
      ;))

  8. FABIEN (ESI 3A Toulouse) a dit :

    Effectivement un nouvel étudiant, du nouveau programme demande apparemment plus de temps, une certaine patience et surtout une envie d’encadrer pour le tuteur.
    Mais le gros souci pour moi, alors que je suis encore en formation, c’est pourquoi ne nous laisse t on pas une chance ?
    J’ai traversé qql services déjà depuis mes 3 ans de formation, et bizarrement quasi tous m’ont encadrés façon « pré-LMD ». Alors certes, cela ne me dérange pas d’être évalué par mon/mes tuteurs de stage sur différents soins car je pense que cela ne peut être que formateur. Mais pourquoi nous rabâcher et s’acharner contre nous par rapport à ce programme ?… Nous essayons de faire au mieux bien souvent !

    Certes ma promo et moi sommes les précurseurs car nous sommes les tous premiers de ce programme si différent, mais nos autres futurs collègues arrivent derrière nous et les critiques n’y changeront rien….

    Le métier d’IDE est semble t il un métier très polymorphe, adaptons nous tous ensemble à ce nouveau programme que nous avons autant de mal à adopter que vous (même si nous, nous le pratiquons déjà depuis 3ans ^^) et nos futures collaborations ne seront que meilleures !

    Imaginez si tous les tuteurs rencontrés par les étudiants étaient réac’ à notre programme, je vous promet que nous en pâtirons tous + le jour où nous serons IDE (car OUI nous le serons, nous aussi ! :D )

    Ce programme n’est pas mieux ou moins bien à mon goût, il est juste différent et il faut s’y ADAPTER !

    Bon courage pour vos futurs encadrements et courage à tous les stagiaires ! ;)

    1. yann a dit :

      Bon fabien à ce stade je vais te faire une révélation : Dans la profession infirmière, dés qu’un changement arrive tu verras TOUJOURS : 10% s’y intéresser et essayer de changer (toujours les mêmes) ; 20 % s’y opposer fermement et beugler ; 70% s’en battre la nouille et continuer comme avant.
      Ne crois surtout pas donc être une exception… Ma formation date de 1996 et on m’a rabâché pendant des années que c’était mieux quand la première année était consacrée à l’homme sain… c’est à dire l’organisation d’avant la reforme de 1992… Et je suis même prêt à parier que 20 ans aprés cette réforme tu entends encore cette chanson.
      Donc voilà autant le savoir et faire avec, charge à toi quand tu bosseras de te faire bouger les lignes… au moins à ton petit niveau. Ça sera déjà ça.
      Une dernière chose aussi, entre nous, évite de dire que tu « pratiques » le métier depuis 3 ans… quand tu es étudiant… Ça peut te sembler un détail, un abus de langage sans conséquence mais c’est typiquement le genre de blague qui peuvent te griller définitivement sur un lieu de stage. Ça fait trois ans que tu apprends le métier, grosse nuance.. Si tu dis que ça fait 3 ans que tu pratiques ça veut dire que tu n’as pas besoin de formation… alors euh… a mon avis évite hein sous peine de passer pour mister boulard …
      Enfin j’dis ça, j’dis rien…

      1. FABIEN (ESI 3A Toulouse) a dit :

        Bonjour Yann !

        Je suis tout à fait conscient que nous ne sommes pas les premiers à subir ce genre de sarcasme et cette ambiance pesante sur nos lieux de stage. Votre exemple illustre très bien notre ressenti également, même si cela s’est passé à des dates ultérieures, nous avons vécu ou vivons surement les mêmes choses.

        Notre formation nous apprend à adopter une fameuse posture réflexive, j’espére pouvoir la conserver longtemps afin d’auto critiquer ma façon d’encadrer (dans l’avenir) de nouveaux professionnels ou étudiants. Charge à moi effectivement de garder ce regard critique tout au long de mon exercice.

        Pour mon « abus de langage », ce n’en était pas un, pas du tout ! Cependant je ne dis pas que je pratique le métier mais plutôt que je pratique le Portfolio et le nouveau programme depuis 3ans ! ^^
        La nuance est là, à ce jour, à 6mois de mon D.E. j’ai encore besoin d’être encadré sur de nombreux soins, et je suis tout à fait d’accord avec vous sur le fait que je suis en apprentissage. Par contre j’ai déjà subi/vécu de nombreuses « notations » de Portfolio et je sais de quoi est fait notre programme théorique. Je voulais par la phrase que vous relevez expliquer que l’on peut essayer au mieux d’aider à la compréhension de certaines différences de notre programme (dont la notation du Portfolio) si nos tuteurs sont prêt à l’entendre, bien entendu ^^.

        Merci Yann en tout cas d’avoir pris le temps de répondre à mon commentaire et félicitations pour votre article qui éclaire un peu sur notre quotidien.

        1. yann a dit :

          Sincèrement je crois que la guerre titulaire / étudiant durera autant que les études infirmières. Et puis je crois aussi que l’un des blocages vient du fait que les encadrants « n’ont pas le temps pour se former au nouveau programme » et en même temps trouvent inacceptable de se faire expliquer la notation… par ceux qu’elles sont sensées noter. Alors evidemment on tourne en rond.

          D’un autre coté, quand tu recevras à ton tour des étudiant tu comprendras… que certaines sont vraiment, vraiment… étonnants…

          ;))

          Bonne route pour la suite !

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